Dans la pratique, on utilise couramment la notion de trois étapes, de trois étages de la respiration.
Dans un premier temps, il est important de sentir l’inspiration : elle permet au ventre de s’épanouir, puis gagne les côtes qui se gonflent et montent jusque sous les clavicules. Suit alors un temps de suspension, puis une expiration qui se propage des clavicules aux côtes et qui permet au ventre de rentrer. Cette expiration est elle-même suivie d’un temps de suspension. Ceci constitue le premier apprentissage de chaque débutant dans la pratique du yoga.
Dans un deuxième temps, petit à petit, il devient possible de sentir l’inspir s’élever au-delà des clavicules jusque dans la gorge (Viśuddha chakra). Puis, selon un temps de pratique plus ou moins long — qu’il ne faut surtout pas brusquer —, l’inspir monte jusqu’à Ajna ; quelque temps plus tard encore, il poursuit son trajet vers les deux chakras du milieu du front et de la racine des cheveux, et, plus tard encore, plus haut, jusqu’à Sahasrāra. Il est conseillé, lorsque cela se produit, de laisser la suspension du souffle se déployer naturellement, sans aucun contrôle, puis d’amener l’expiration jusqu’à la base, c’est-à-dire jusqu’à Muladhara. Là encore, on laisse la suspension s’installer naturellement, sans rien bloquer.
Lorsque cette respiration est établie, il est recommandé d’amener l’expir au-delà du centre de la terre, de le laisser descendre à l’infini, et de sentir l’ancrage du corps énergétique très profondément dans la terre.
Puis viendra progressivement une respiration qui permettra de s’élever du centre de la terre au-delà de Sahasrāra, jusque dans les limbes. En s’établissant dans cette respiration, les différents niveaux de conscience apparaîtront naturellement.
Aum